3 Questions à Valérie NICOLET, chaire de Nouveau Testament

Valérie Nicolet, a animé les 2 et 3 décembre derniers, un des cinq week-ends théologiques organisés au sein de la Communauté des sœurs de Pomeyrol, près des Baux-de-Provence. Une expérience pédagogique et spirituelle personnelle dont elle nous partage les temps forts.

 

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots Pomeyrol ?

C’est la première fois que j’animais un séminaire à Pomeyrol. Avant même d’y enseigner, j’ai découvert un lieu très beau et apaisant – c’est un superbe domaine –, auprès d’une dizaine de sœurs protestantes. Dans ce havre de paix et de sérénité, on ressent profondément ancrée la longue histoire qui unit la communauté en interne mais aussi avec la région. Accueillantes et hospitalières, les sœurs sont ouvertes à partager leur spiritualité, lors des offices et des repas. C’est un lieu heureux, qui donne espoir.

 

En quoi consistent les week-ends théologiques organisés à Pomeyrol ?

Les raisons qui ont contribué à la participation des enseignants de l’IPT à ces week-ends théologiques sont nombreuses : accueil, calme, beauté des lieux, et rencontre avec un public un peu différent de celui des deux facultés. Cette année, une nouvelle formule a été inaugurée : les cinq week-ends – d’octobre à avril – ont été répartis entre trois intervenants, Christophe Singer, François Vouga et moi-même. Le thème commun à toutes nos réflexions a été : « Paul, l’homme, l’écrivain, le théologien ». Le but étant de l’étudier à travers cinq angles complémentaires, à travers des lectures de différents textes et la mise en avant de méthodes particulières. En ce qui me concerne, j’ai souhaité présenter Paul dans son contexte historique, en réfléchissant notamment sur ce qu’il cherchait à faire lui, dans sa mission.

Concrètement, nous avons alterné les séances de travail – 3 fois deux heures entre le samedi et le dimanche –, de partage et de réflexion personnelle. J’ai travaillé en proposant d’abord des hypothèses de lecture, puis en prenant ensemble différents passages de la lettre aux Galates. Mon rôle d’enseignant a été principalement d’apporter des connaissances nouvelles et aussi de faciliter l’approche de celles-ci à travers du travail sur texte.

 

Que retenez-vous de ce séminaire ?

Au cours de ces deux jours, j’ai particulièrement apprécié les moments de lecture en commun des textes bibliques : voir comment une interprétation se forme, quelles questions émergent de la lecture, comment ma propre lecture en est modifiée… Les participants avaient envie d’apprendre quelque chose de nouveau. J’ai aimé leur ouverture d’esprit par rapport à une approche de Paul qui ne correspond pas forcément à ce qu’ils ont pu apprendre à l’Église. A ces moments d’enseignement intenses et très enrichissants s’ajoute tout ce qui a trait à Pomeyrol : le partage avec les sœurs, la découverte d’un lieu que je ne connaissais pas encore, d’une manière de vivre à la fois un peu en dehors du temps, et très ancrée dans la réalité. Ce que j’ai préféré ? Les repas pris en silence : cela fait du bien de pouvoir décrocher un moment après des heures intenses d’enseignement ! Au-delà des séminaires, Pomeyrol est un temps fort à lui tout seul !