Katharina Friedrich est étudiante en théologie protestante, M1. C’est grâce au programme Erasmus qu’elle poursuit ses études à l’IPT – Faculté de Montpellier. Elle vient de Munster, en Allemagne, et veut devenir pasteur. Pour nous, elle a répondu à quelques questions.

 

Katharina, pourquoi avoir choisi de poursuivre vos études à  Montpellier ?

Je voulais rencontrer la théologie dans un autre cadre historique, celui très spécial de Montpellier, en partie à cause de la persécution des huguenots.
Et puis, j’étais très curieuse d’étudier la théologie dans un pays ou l’état est laïc. C’est vraiment très différent du statut de l’Église protestante que je connais en Allemagne.
En Allemagne, l’Église est une institution qui reçoit des financements de l’État, sa situation est plus sécurisante, elle est plus puissante. Sur les questions morales, l’Église prend la parole et elle est attendue par les Allemands sur ces questions. Les gens en sont demandeurs, et lui donnent un rôle. C’est une sorte de guide moral.
En France, peu de gens connaissent la matière que j’étudie (la théologie). Les gens qui étudient la théologie ici sont surtout motivés par leur foi et par l’évangélisation. Le niveau intellectuel est fort et exigeant, mais les revenus et le statut social sont moindres qu’en Allemagne. Un pasteur ici n’est pas un fonctionnaire (sauf en Alsace-Moselle bien sûr), contrairement à chez moi.

 

Quelle est ta matière préférée ?

Ce que j’aime, c’est la théologie pratique. Je la vis comme un engagement politique.  Aller manifester, s’engager politiquement pour des idées de justice et d’aide auprès de son prochain… Protester, c’est être protestant.
Mais j’apprécie aussi l’aumônerie et l’accompagnement pastoral. Ce sont des activités qui nous mettent en relation avec des personnes en situation précaire, tristes et que l’on peut aider.

 

Qu’est-ce que tu retiendras de l’IPT, à ton retour en Allemagne ?

Ce que j’aime ici, c’est la convivialité entre les gens. Nous sommes un petit groupe, nous nous connaissons tous. Et puis, nous avons des contacts directs avec nos professeurs qu’on peut appeler par leur prénom. On ressent moins l’aspect hiérarchique, mais ça n’empêche pas le respect.
Je suis heureuse d’avoir découvert cette partie de la France qui a été un lieu de vie et de résistance pour nous, les protestants. J’ai aussi pu rencontrer des hommes et des femmes qui vivent sous d’autres formes, le fait d’être réformé. J’ai pu voir les différences entre luthériens et réformés.  Nous sommes unis par le même nom, nous sommes tous des protestants.